Des TIC pour tous, à chacun selon son besoin [2/5]
2 – Développer une argumentation convaincante aux yeux des décideurs publics et privés.
Parmi les arguments fréquemment avancés pour justifier le bien fondé d’une plus large diffusion des TIC, il y a celui « du droit à l’information pour tous », l’un des arguments favoris de la société civile ; bien que cette revendication soit fondée, sa mise en avant permet rarement de faire avancer le débat et encore moins le déploiement de projets TIC sur le terrain : aucun décideur, aucun investisseur ne s’engagera raisonnablement dans un programme avant qu’une démonstration rigoureuse et convaincante du retour sur investissement au plan économique et social n’ait été préalablement faite !
Ce type d’argument peut même induire des effets pervers lorsqu’il est poussé par exemple jusqu’à revendiquer l’égalité d’accès quelque soit le lieu de résidence ou des conditions tarifaires artificielles (il est clair que le coût de revient d’un accès rural est bien plus élevé que celui d’un accès urbain et tout aussi évident que c’est l’inverse pour les revenus !) ; dans une telle situation, se pose avec beaucoup d’acuité la question de la priorité d’investissement pour garantir une meilleure efficacité au plan économique et social ? … des questions qui devraient trouver réponses dans la définition des orientations de la politique sectorielle nationale.
Dans le même registre, le recours à la « solidarité numérique » semble tout aussi illusoire, même s’il apparait satisfaisant au plan de l’humanisme (cf. l’échec prévu du Fonds de Solidarité numérique lancé en 2003 … et les efforts actuels de relance risquent hélas de conduire au même résultat).
Ce constat d’échec est essentiellement lié au fait que la capacité de mobilisation financière de la « solidarité internationale » reste extrêmement limitée, relativement aux besoins qui permettraient d’atteindre l’objectif des « TIC pour tous », et d’autant plus parce qu’il s’agit de TIC… qui, comme chacun sait, ne sont pas perçues comme une grande cause mondiale ! … alors pourquoi persister dans cette direction ? D’autant plus que les TIC disposent d’arguments bien plus persuasifs aux yeux des décideurs publics et privés … il suffirait de raisonner davantage en termes de valeur ajoutée économique et sociale, potentiellement apportée par les TIC, et d’adopter, pour la mise en œuvre, une approche endogène basée sur une offre de services de proximité, pertinente dans le contexte local
Avec le recul, chacun pourra noter que c’est exactement ce qui s’est passé avec le déploiement de la téléphonie mobile dans les zones rurales …à ce jour, la couverture des réseaux dépasse très largement les prévisions les plus optimistes d’il y a 5 ans et cela s’est fait sans aucune subvention, ni « plan Marshall », par le seul jeu de l’investissement privé …et les opérateurs affichent une rentabilité financière élevée malgré le faible pouvoir d’achat des populations rurales et le coût particulièrement élevés d’investissement et d’exploitation dans ces zones isolées … et ceci, après que ces mêmes opérateurs se soient acquittés de taxes dont les montants consolidés sont reconnus suffisants pour couvrir la quasi-totalité des territoires!







































